Créateur-éthique.com était présent au salon Interselection 2010 ou la mode éthique était représentée pour la première année.

table-ronde-salonHélène Denamps (consultante en stratégie de marque) a animé une table ronde avec plusieurs acteurs de la mode éthique sur le thème de la créativité et de l’éthique dans la grande distribution.

Étaient présent pour cette table ronde :

– Johanna Riplinger ; styliste pour la marque Ethos
– Katherine Pradeau
– Gabrielle Gérard pour la marque Ambrym
– Céline Faizant
– Herve Guetin de Seyes
– Véronique Prou conseillère en RSE et biodiversité
– Lise Bringer fondatrice de la boutique Filambule
– Brigitte Trouvel acheteuse pour la grande distribution (Auchan)
– Céline Vautard journaliste pour le site Doukyo.

Le marché de la mode éthique

Le marché de la mode éthique représentait en 2009 1,5% du marché de la mode, selon une étude IFM* cela représentera 3% en 2012 et 8% en 2015. Cette étude confirme l’existence d’un marché encore émergent. Les perspectives d’évolutions sont néanmoins encourageantes.
Toujours selon une étude de l’institut français de la mode, 21% des consommateurs ont déjà acheté des vêtements bio, 42% connaissent mais non jamais passé le cap de l’achat souvent par scepticisme.

La mode éthique est encore associé à des prix trop élevés et un manque de créativité.
Il reste tout de même 38% des consommateurs interrogés qui ne connaissent pas du tout la mode éthique.

Les besoins du consommateur

Le consommateur de vêtement éthique a bien évolué depuis quelques années, fini le stéréotype du baba-cool qui mange bio et s’habille en poncho en laine de lama.
Les nouveaux consommateurs veulent du bio oui , mais du style ! C’est également ce que souhaite mettre en avant les créateurs.

Pour Gabrielle Gérard de la marque Ambrym, la démarche éthique est un plus mais pas un argument de vente, ce qui est d’abord mis en avant c’est le style.
Et le style des collections de vêtements éthiques a nettement évolué, comme le rappelle Johanna Riplinger styliste pour la marque Ethos, l’éventail des matières premières s’étant élargi, les collections ont gagné en créativité.

Le consommateur veut du style et en trouve de plus en plus dans la mode éthique, mais il a également besoin de transparence et de traçabilité sur son produit.

Celine Faizant attribue une carte d’identité à chacun de ses vêtements afin d’expliquer l’origine de la matière et toutes les étapes de sa transformation, ainsi que les techniques employées. Pour Hervé Guétin de la marque Seyes la transparence passe par un découpage précis du prix mis en avant lors du processus d’achat.

Cependant il n’existe pas de label unique certifiant un parcours éthique et la multiplication des labels complexifie les choses pour le consommateur.

Faire évoluer la mode éthique

Pour répondre au 38% des consommateurs qui ne connaissent pas la mode éthique, les créateurs sont d’accord pour dire que la presse a un grand rôle à jouer. Pour le moment la communication de celle-ci reste très superficielle et ne véhicule pas forcément une image positive.
Un autre moyen est l’accès au plus grand nombre via la grande distribution.

Brigitte Trouvel acheteuse pour le groupe Auchan a fait l’expérience du bio dans une des filiale du groupe.
L’accueil a été très positif malgré la différence de prix face à des vêtements « classique ». La clientèle grande distribution ne connait pas forcément ce marché et il est toutefois difficile de justifier cette différence de prix.

Malgré l’engouement naissant du public pour la mode éthique la grande distribution est-elle prête à respecter le fonctionnement des filières éthiques ?
Une chose est sûre pour tous les participants de cette table ronde, l’idéal serait que la mode bio devienne la norme.
En attendant il est nécessaire de communiquer un maximum sur les projets et les collections éthiques afin de toucher le plus grand nombre.

*Source IFM pour Défi 2009